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Bulletin en cours
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N°17

AVANT
Sagesses de la mémoire

Hommage à Jacques Chopineau


. Regard sur l'Avant
 Jacques Chopineau
 
 .
Le chemin de l'homme
 Jacques Chopineau

. Une histoire d'amitié
Pierre Lehnebach
 
. La vie de la lecture
Béatrice Bailleux

. Le garçon à la pie grièche
Anne Marie Reijnen
 
. Compagnon silencieux du dialogue
 Mohammed Jamouchi

 
. Jacques es-tu là ?
Mohammed Jamouchi

. En chemin avec le vagabond de Bosch
Chantal Humbert

. Mémoire après un génocide
Argan Aragon -Marcela Gerreda

. Peurs et promesses du passé
Camille Petit




  


 

 

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La langue et les langues
J. Chopineau
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Ouverture

Une langue est une manière d’être au monde. Une manière de sentir, de penser, de découper la réalité… Bref, une manière unique de voir ce monde qui nous entoure. Alexandre de Humboldt disait que l’âme d’un peuple vit dans sa langue. Vers la même époque d’ailleurs, un autre penseur (Fichte) affirmait : La langue d’un peuple, c’est son âme. C’est ce que beaucoup, aujourd’hui, semblent avoir oublié.

Comme on sait, une langue ne se réduit pas à un lexique et une grammaire. Une langue est le véhicule d’une sensibilité, d’une vision du monde, d’une manière de penser. Apprendre une langue –après s’être familiarisé avec un vocabulaire et des règles grammaticales- c’est découvrir une autre manière, non seulement de s’exprimer, mais une autre manière d’être au monde.

C’est folie de rêver d’une langue partout diffusée et qui –peu à peu- remplacerait les langues par un idiome unique. Ce serait peut-être propice aux affaires, mais désastreux pour les cultures humaines.

De fait, une langue qui meurt est un appauvrissement de l’humanité : un regard qui disparaît, une oreille qui se ferme. Dans ce cas aussi, nous sommes riches de nos différences. D’ailleurs, langue très diffusée ne signifie pas langue supérieure. Cependant, dans une culture où, souvent, la qualité est mesurée en termes de chiffre des ventes, le nombre des locuteurs fait la vertu de la langue.

Parler mal sa langue revient à déformer sa propre perception du monde ambiant. Les jargons sont de faibles lorgnettes, parfois divertissantes mais toujours déformantes. Tel jargon à la mode est aussi loin d’un corps véritable que l’épouvantail est loin du corps qu’il est censé représenter. Bien des professionnels de la parole (à la radio comme à la télévision) semblent l’avoir oublié…

Une langue est comparable à un corps vivant. Certains mots viennent du cœur, d’autres viennent de la tête ou du ventre… De là, cette ancienne conception de la langue comme un corps formé par tous les mots d’une langue. Dans ce schéma, le Nom divin est perçu comme une couronne à la tête de tous les autres mots (ce nom est d’ailleurs appelé « couronne » en araméen : taga). C’est le nom qui est « au dessus de tous les noms ».
Une telle conception, si elle n’est pas actuelle dans la forme, n’est cependant pas naïve. La langue structure la pensée. On pense comme on parle. Ce que le philosophe Louis Lavelle exprimait lorsqu’il disait : « Le langage n’est pas comme on le croit souvent le vêtement de la pensée. Il en est le corps véritable ».


Au commencement… .

Il convient d’abord de rejeter au rang des fantasmes une opinion, jadis courante, sur la langue originelle : celle qui était parlée par Adam et Eve. De fait, on a longtemps pensé qu’une langue originelle avait donné naissance à toutes les langues connues. Cette langue –parlée au paradis- ne pouvait être que l’hébreu, selon une certaine lecture de la Bible.
Parfois, on a voulu voir dans cette langue pré-babélienne une langue qui serait la langue mère de toutes les langues humaines. Au début du dix-neuvième siècle encore, on a cherché à faire dériver toutes les langues d’une seule « langue sainte », littéralement. La linguistique n’était pas encore née. Les fantasmes « édifiants » pouvaient s’appuyer sur des fantasmagories jugées édifiantes.

Et cette idée –sous des formes diverses- a été soutenue jusqu’au début du dix-neuvième siècle. Même si de savants biblistes, peu nombreux, savaient que prise au pied de la lettre, une telle idée était absurde. Cependant, une grammaire hébraïque, parue en 1827, l’affirme encore et tente de faire dériver des vocables de langues occidentales de mots hébreux. Que d’érudition utilisée à mauvais escient !

Car le début du dix-neuvième siècle est aussi l’époque de la naissance de l’égyptologie : des textes bien antérieurs aux écrits bibliques vont être traduits. C’est aussi l’époque des études des langues dérivées du sanscrit et la naissance d’études linguistiques inconnues des siècles antérieurs. D’autre part, des milliers de tablettes assyro-babyloniennes vont bientôt être déchiffrées (après 1850) et vont fournir des informations nouvelles sur une littérature sémitique antérieure aux écrits bibliques.

Mais laissons cette histoire –aujourd’hui bien connue- et relisons ce fameux texte de Genèse 9 (le récit de la ville et de la tour) et ce qui nous est conté sur la confusion des langues. Rappelons que ces textes bibliques ont longtemps été pris comme une « histoire des origines » à entendre de manière chronologique. Une histoire naïve, pensait-on, bien que ces écrits de sagesse soient, en fait, toute autre chose que de l’histoire au sens moderne.

En réalité, ce texte n’est pas à lire comme un récit d’origine entendu de manière chronologique. Il s’agit d’un texte de sagesse à entendre symboliquement. Comme pour d’autres textes bibliques, la mise en forme narrative est un artifice de ces scribes sages qui ont rédigé ces textes.

En ce sens, ce texte de Genèse 9 peut éclairer notre manière de concevoir la langue        « originelle », c'est-à-dire la langue de cette origine que chacun porte en soi, le plus souvent sans le savoir. La confusion des langues n’est pas un événement historique ancien, mais une réalité humaine permanente.


Le texte biblique

Rappelons ce texte :

Toute la terre parlait la même langue avec les mêmes mots. Partis de l’Est, ils trouvèrent une vallée au pays de Shinéar, et ils s’y installèrent. Ils se dirent l’un à l’autre : Faisons donc des briques et cuisons-les au feu. La brique leur servit de pierre et le bitume leur servit de mortier. Ils dirent alors : bâtissons-nous donc une ville et une tour dont le sommet atteigne le ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne nous dispersions pas sur toute la terre ! Le Seigneur descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les humains. Le Seigneur dit : Ainsi ils sont un seul peuple et parlent tous la même langue, et ce n’est là que le commencement de leurs œuvres ! Maintenant, rien ne les empêchera de réaliser tous leurs projets ! Descendons donc, et là, brouillons leur langue afin qu’ils ne comprennent plus la langue les uns des autres ! Le Seigneur les dispersa de là sur toute la terre ; ils cessèrent de bâtir la ville. C’est pourquoi on l’a appelée du nom de Babylone (« brouillage »), car c’est là que le Seigneur brouilla la langue de toute la terre, et c’est de là que le Seigneur les dispersa sur toute la terre.
Genèse 11,1-9 (traduction Nouvelle Bible Segond)

Deux mots d’explication : « Dans leur voyage depuis l’Est, ils trouvèrent une plaine, au pays de Sinéar. Et ils résidèrent là » Cette marche vers l’occident est le chemin de la civilisation caïnite. C’est aussi la marche du soleil. L’origine est appelée « orient ». Ici, c’est le pays de Sinéar (la région de Babylone –au cœur de la Mésopotamie) qui est indiqué, mais la terre est ronde et cette « marche » symbolique peut s’appliquer à toutes les plaines…. Pourquoi une plaine ? C’est que les plaines sont le lieu de convergence des tous les courants : les fleuves et les échanges. Toute civilisation est d’aval.

« Ils trouvèrent » : En effet, Ils cherchaient un lieu où s’arrêter. L’homme est un pèlerin. Voyageur comme Abel. Mais Caïn est sédentaire. Les propriétaires sont liés à un lieu
L’étymologie de « Babel » est ici rapprochée de « bll » (« confondre », « brouiller », cf verset 11,9). C’est philologiquement impossible (tout sémitisant le sait), mais cette « étymologie » est hautement significative. Il s’agit de pédagogie sapientiale -non de linguistique. Au lieu d’un « bâb ‘ilânî » (« la porte des dieux »), les scribes ont voulu y voir un rapprochement avec le nom de la grand’ville nommée « Babel » comme si ce nom désignait le lieu de la confusion. Là, on mélange tout, depuis le début. Les mots et la parole, le bitume et le béton, la pierre et la brique… Les jeux de sonorité abondent dans ce texte et les traductions ne les rendent que faiblement. Sagesse et pédagogie ont ici plus de poids que l’étymologie savante !

En tout cas, malgré l’usage, le titre serait justement : « La ville et la tour ». En effet, la tour n’est qu’un lieu –le plus élevé- de la ville qui rassemble les hommes. C’est justement cela que les hommes recherchent : être rassemblés. Non pas dispersés sur la surface de la terre, mais assemblés dans une grande ville –laquelle serait pourvue d’une tour dont le sommet touche au ciel. Groupés, les hommes devaient se comprendre. Dispersés, ils ne se comprendront plus.

Les hommes vont tenter de se rassembler et de construire une grande ville. L’histoire du monde a suscité la multiplication des villes et des tours de plus en plus hautes. Au contraire de ce que conseille un dicton Touareg (éloignez vos tentes ; rapprochez vos cœurs), nous vivons nombreux en un même lieu, mais parfois sans nous connaître.

Ainsi, dans le texte biblique, le résultat obtenu est exactement inverse à celui que les hommes souhaitaient : ce sera la dispersion sur toute la surface de la terre ! L’histoire de cette humanité sera d’aller toujours plus vers l’Ouest et d’édifier des villes de plus en plus grandes et toujours plus hautes.

Le point de départ de cet enseignement des scribes sages est la situation actuelle des hommes divisés qui ne comprennent pas, lors même qu’ils vivent entassés dans des tours de plus en plus hautes. Pourtant, ils parlent, apparemment, la même langue ! Profonde actualité de cette parole perdue… Aujourd’hui des enfants ou des artistes retrouvent cette parole perdue. Des religieux aussi, parfois. C’est une aventure très actuelle qui nous est racontée.

Selon une interprétation juive ancienne, la « langue » était une langue universelle que tous les humains comprenaient (langue « sainte » dans le vocabulaire de l’époque), tandis que les « mots » désignaient les divers dialectes de chaque tribu ou peuple. Ce qui sera « perdu » est donc cette langue sainte et seuls subsisteront les « mots » par lesquels les humains ne se comprennent pas et se font la guerre.

C’est la manière de ces textes de sagesse (les premiers chapitres de la Bible) que de dévoiler un coin de la réalité actuelle en racontant comment c’était « avant » -c'est-à-dire aujourd’hui en profondeur.

Ces textes n’ont pas à être pris au pied de la lettre. La réalité qu’ils dévoilent est celle de tous les temps. Quelle que soit la langue maternelle (et même lorsque cette langue est une langue vernaculaire de grande diffusion), la relation à la langue « sainte » est une relation unique.

Voilà bien une idée étrangère aux modernes que nous sommes. En termes de rentabilité, les langues anciennes n’ont d’ailleurs pas la cote. Certes, l’analyse d’une phrase latine amène à réfléchir et à mieux comprendre sa propre langue. Cette gymnastique de l’esprit peut même se révéler fort utile. Mais on préfère aujourd’hui d’autres entrainements –plus à la mode ou plus immédiatement rentables.

Quant à une langue « sacrée », c’est –pour beaucoup- un jeu démodé réservé aux croyants confinés dans des traditions anciennes dépassées. Cependant, peut-on imaginer un judaïsme sans hébreu ou un islam sans arabe ? La connaissance de ces langues donne accès aux écrits sacrés, aux commentaires anciens, au rituel, aux prières…. Bref à toute une tradition ancienne qui fournit le cadre d’une religion vivante.

Outre cela, la beauté de ces textes-sources (Bible ou Coran) est insurpassable. Aucune traduction, jamais, n’égalera le texte original. Et la relation que les croyants entretiennent avec cette langue originale est une relation intime -qu’une longue fréquentation rend, peu à peu, familière.

La forme est porteuse de sens. Certes, lexique et grammaire ne peuvent connaître cette relation. Ce n’est pas leur fonction. Mais, d’autre part, les descriptions extérieures et les vues statistiques portant sur le nombre local des masses croyantes ou non ne disent rien sur la foi religieuse et la qualité du regard humain qu’elle peut, ici et là, par des chemins divers, engendrer
Cependant, le fait d’adhérer à une religion confessionnelle instituée n’est pas une garantie de profondeur. Le langage des conformismes religieux (pharisaïsme, bondieuserie, sectarisme etc…) nous éloignerait fort de la « langue originelle ».

À l’inverse, il est des incroyants ou agnostiques attentifs à cette « parole perdue » vivante dans les profondeurs. Nous vivons à l’époque de ce qui est nommé « la confusion des langues ». Cette « confusion » entraîne la dispersion des humains après Babel –selon le récit biblique.

Un texte ancien (Bereshit rabba 38,11) ( 1 ) donne une vue profonde de cette confusion, en forme de commentaire sur le passage biblique) : « Il confondit leurs langues » (en hébreu : « balal sefatam »).

Bien que le commentaire soit en araméen (langue vernaculaire alors courante), le texte biblique est évidemment cité en hébreu (langue obligée pour qui étudie les textes sacrés).
De là, ce rapprochement sonore entre un nom de lieu (en araméen) et une parole biblique (en hébreu). Les anciens sont des familiers de ces « jeux » de sonorité, véhicules d’un enseignement profond qui résonne dans la mémoire de l’étudiant. Un nom de lieu et un mot significatif, inventé pour la circonstance.

Rappelons la situation pédagogique ancienne. Le maître enseigne et l’élève écoute et « opine » -c’est-à-dire exprime son opinion : ce qu’il comprend, ce qu’il ne comprend pas, ce qu’il accepte ou refuse. À la transmission du savoir, le seul obstacle est le silence de l’élève. Seule la question de l’élève atteste que la transmission est réelle. Cette situation est au point de départ du texte araméen suivant, emprunté au midrache (1) :
« Un élève de Rabbi YoHanan était assis devant ce dernier. Rabbi YoHanan lui donnait une explication, mais lui n’opinait pas. Pourquoi est-ce que tu n’opines pas, demanda Rabbi YoHanan ? Parce que je suis un exilé – D’où es-tu ? – De Borsiph ( 2 ). Il lui dit : ne dis pas cela, mais de « Bolsiph » car (l’Ecriture dit) « Là, l’Eternel « a confondu leur langue » (en hébreu : balal sefatam)»
.

Le jeu de sonorité est propre à se graver dans la mémoire de l’élève. Le nom du lieu « Borsif » est rapproché du texte biblique étudié : «balal sefatam » . De là, ce mot : Bolsif ».
Finalement, le maître dit : Si tu ne sais pas « opiner », tu seras un étranger partout. Ta terre natale, c’est le texte de l’écriture. Et si tu ne sais pas apprendre à le lire, tu seras un exilé en tous lieux de la terre. Présentement, tu n’es pas de Borsiph (ton lieu de naissance), mais de « Bolsiph » (lieu de la confusion).

Peu importe ton lieu de naissance et ton lieu de vie. Certes, tout homme est né là où sa mère l’a mis au monde. Mais naissance n’est pas accomplissement. Ne pas « opiner » mène à ne pas comprendre et cela conduit à être en exil. Seule la « compréhension » nous fait revenir à la « langue » pré-babélienne. Et cela suppose une relation profonde avec le texte. C’est la parole retrouvée –au-delà des mots, mais grâce à eux…


Un point de vue


Ce texte était, au départ, limité à l’avenir de la langue arabe. Evidemment, ces paroles sont marquées par le lieu et la période où le texte original (arabe) a été publié. Cependant, ces paroles quasi prophétiques pourraient être appliquées, aujourd’hui, à beaucoup d’autres langues.

"La langue est une manifestation de l’inventivité au sein de la collectivité sociale ou de sa personnalité collective. Si la force d’inventivité est en sommeil, la langue cesse de progresser. Et dans cet arrêt, survient le déclin, et dans le déclin la mort et la décadence. En conséquence, l’avenir de la langue arabe dépend de l’avenir de la pensée créative qui est –ou n’est pas- en la collectivité des nations qui parlent la langue arabe. Mais si cette pensée est présente, alors l’avenir de la langue arabe est grand comme par le passé, tandis que si cette pensée n’est pas présente il en sera comme du présent de ses sœurs syriaque et hébraïque."

A l’époque où ce texte est publié (Le Caire, 1923), la langue syriaque (au glorieux passé) n’est plus guère (sauf quelques exceptions locales) qu’une langue liturgique, et la langue hébraïque moderne n’a pas la diffusion qu’elle connaît aujourd’hui. La suite de l’article de Khalil Gebran définit cette force d’inventivité comme « une faim, une soif, un désir, vers ce qui n’est pas connu ».

De fait, toute langue s’enrichit non seulement de qu’elle nomme, mais aussi de ce qu’elle désigne et qu’elle n’atteint pas encore ! Nous sommes riches aussi de nos aspirations et de nos espérances. La langue nous donne de les nommer.


Jacques Chopineau


Notes

( 1 ) Une traduction française en a été donnée par MM. Bernard Maruani et Albert Cohen-Arazi : Midrach rabba, tome I, Genèse Rabba, (Editions Verdier). Notre traduction, quitte à être moins agréable du point de vue du français, tente de serrer la lettre du texte. Evidemment, notre interprétation n’engage en rien les auteurs cités.

( 2 ) C’est Borsippa de nos cartes –dans la région de Babylone. Il faut se souvenir que le terrible exil de -587 a été à l’origine d’une importante diaspora juive en Babylonie.
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