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Bulletin en cours
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N°17

AVANT
Sagesses de la mémoire

Hommage à Jacques Chopineau


. Regard sur l'Avant
 Jacques Chopineau
 
 .
Le chemin de l'homme
 Jacques Chopineau

. Une histoire d'amitié
Pierre Lehnebach
 
. La vie de la lecture
Béatrice Bailleux

. Le garçon à la pie grièche
Anne Marie Reijnen
 
. Compagnon silencieux du dialogue
 Mohammed Jamouchi

 
. Jacques es-tu là ?
Mohammed Jamouchi

. En chemin avec le vagabond de Bosch
Chantal Humbert

. Mémoire après un génocide
Argan Aragon -Marcela Gerreda

. Peurs et promesses du passé
Camille Petit




  


 

 

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Une Parabole
Le bon Samaritain
J. Chopineau
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•   Une parabole dans son contexte culturel
 On connaît cette histoire du « bon samaritain », même si l’on a jamais vraiment étudié le texte évangélique qui est à l’origine de ce récit. De là, souvent, ces approximations devenues courantes : soyez bons, charitables…comme le fut, jadis, le bon samaritain… Ce sont là des généralités…
De tels textes ne peuvent être compris immédiatement comme le seraient un proverbe ou une maxime. Le problème des paraboles lues et relues au fil des siècles est que le lecteur actuel ne connaît guère le langage et les images qui étaient familières aux premiers auditeurs. De là, un nécessaire travail d’explication. C’est ce que nous tenterons de faire dans les lignes qui suivent.
D’autre part, la culture de l’ancienne Judée nous est peu familière. A l’inverse, les exégètes anciens (Origène, au premier rang d’entre eux), connaissaient la signification de ces textes. En tout cas, ils connaissaient une signification plus profonde de ces textes.
Au point de départ est la réponse à une question posée à Jésus par un de ces religieux lettrés :
Un spécialiste de la loi se leva et lui dit, pour le mettre à l’épreuve : Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? Jésus lui dit : Qu’est-il écrit dans la Loi ? Comment lis-tu ? Il répondit : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain, comme toi-même. Tu as bien répondu, lui dit Jésus, fais cela, et tu vivras. Mais lui voulut se justifier et dit à Jésus : Et qui est mon prochain ?
                                                                 Luc 10, 25-27
Voilà la question centrale : Qui est mon prochain ? La question est, apparemment, banale, même si en fait c’est une question qui est au cœur de toute attitude religieuse. Et certes, pour tout juif pieux, le texte de la prière est bien connu (l’évangile reprend le texte qui débute en Deutéronome 6,4). Question et réponse sont traditionnelles.
Mais « voulant se justifier » –dit le texte- le lettré pose une question qui est la cause de la parabole qui suit : Qui est mon prochain ? A quoi la chose est-elle semblable ? Et bien voici –puisque tu veux le savoir- c’est comme…
Et ce qui suit est la parabole dite du bon samaritain. Soulignons cependant que toute l’histoire est la réponse à une question. Une histoire en forme de parabole…
 
•  Un homme descendait…
Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba aux mains de bandits qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et s’en allèrent en le laissant à demi-mort…
                                                                        Luc 10,30 
Un homme descendait… quel homme ? Adam et –en lui- tout homme (car tout homme est fils d’Adam –cela doit être rappelé à ceux qui croient encore que les « races » humaines existent… ). Or tout homme est sur un chemin qui descend –de la naissance à la mort. L’image est encore éclairée par le chemin qui va de Jérusalem à Jéricho… 
De la cité solaire (céleste) à la cité lunaire (Jéricho –yeriHo : le nom vient de  yeraH » = « lune » en hébreu). ). Ce n’est d’ailleurs pas seul « jeu de mot » de ce texte transmis en grec mais dont la langue originelle (celle des protagonistes du récit) est l’araméen galiléen (l’hébreu étant bien connu des lettrés en ce qu’il est la langue des anciens textes et des prières…).
De fait, Jérusalem est située sur une colline ; tandis que Jéricho est située en dessous du niveau de la mer. Le chemin de l’une à l’autre est donc forcément un chemin qui descend !
Ainsi, tout homme est sur ce chemin qui descend. Et lors de sa descente, il est agressé et laissé demi-mort par des brigands. Dans les lectures anciennes, ces brigands sont les maux qui assaillent l’homme sur son chemin descendant.
Passent alors des représentants de la religion officielle (dans le langage du temps) : un prêtre et un lévite. Cette religion avait pour fonction de relever cet homme en détresse sur le bord de son chemin. Il n’en a rien été puisque l’un et l’autre ont passé leur chemin…
Par hasard, un prêtre descendait par le même chemin ; il le vit et passa à distance. Un lévite arriva de même à cet endroit ; il le vit et passa à distance…
                                                      Luc 10,31-32
Passe alors un samaritain… On sait que ces « samaritains » sont très mal considérés par les judéens, depuis longtemps. L’origine lointaine de ces samaritains est cette population de l’ancien Israël du Nord, devenu jadis une province assyrienne. C’est l’origine d’une population de sang mêlé qui, plus tard encore, ne sera pas autorisée à participer à la reconstruction du Temple, après le retour de l’exil babylonien (voir Esdras 4). Ce sont là des événements anciens, mais il est resté une défiance, une animosité –voire un mépris- de ces « samaritains », lesquels d’ailleurs, ne sont plus aujourd’hui que quelques centaines, surtout à Naplouse…
D’ailleurs cette animosité était alors réciproque, comme en témoigne ce village samaritain qui refuse d’accueillir Jésus qui se dirigeait vers Jérusalem (voir Luc 9,51ss). Pourtant, des samaritains croient en lui (Jean 4,39) après ce que leur a conté la samaritaine (Jean 4, 7,ss). Et Jésus lui-même est accusé d’être un  samaritain et d’avoir un démon (Jean 8,48). On voit que les rapports entre juifs et samaritains n’étaient pas simples…
Mais, d’autre part –et c’est sur ce point que l’attention du lecteur est attirée- « samaritain » est –en hébreu- de même racine que « gardien » (chomer). En sorte que la lecture ancienne ne peut qu’associer les termes « samaritain » (chomroni) et « gardien ».
Le texte grec des évangiles occulte le fait que les premiers auditeurs de ces paraboles étaient de langue araméenne (dialecte galiléen). L’interlocuteur de Jésus est –dans la parabole) un religieux lettré pour qui ce rapprochement linguistique doit paraître évident –bien que, d’autre part, à cette époque, l’opinion courante ne soit en rien favorable aux samaritains en général…
Les anciens pèresexégètes, souvent, ignoraient la langue hébraïque, mais ils connaissaient –par tradition- ce rapprochement capital pour l’exégèse de ce texte…
L’auditeur est ainsi renvoyé à un texte connu par cœur, depuis l’enfance, par tous les juifs pieux. C’est le passage du Psaume –connu par cœur- dans lequel Dieu est appelé « gardien » : le gardien d’Israël…
Il ne dort ni ne sommeille le gardien (chomer) d’Israël…
                                                           Psaume 121,4 (cp 121,3)
Le « gardien » est Dieu lui-même et non, toujours, ceux qui se réclament de lui. En sorte que là où les gens de religion ont cru bon de ne pas s’arrêter., le « samaritain », lui, s’est arrêté et a pris soin de cet « adam » tombé à terre sur un chemin descendant.
Autrement dit, tout homme qui tombe sur ce chemin chaotique doit être secouru et c’était la fonction originelle de ces religions instituées. Lève-toi et marche ! Telle était la volonté de Dieu. Et celui qui –au delà des discours- l’accomplit pratiquement est le véritable « prochain ». Et telle était la question posée, rappelée à la fin du texte :   
Lequel de ces trois te semble avoir le prochain de celui qui était tombé aux mains des bandits ? Il répondit : C’est celui qui a montré de la compassion envers lui. Jésus lui dit : Va, et toi aussi, fais de même.
                                                         Luc 10,36-37
Pour l’auditeur de l’époque, la parole de Jésus (en forme de parabole) invite le religieux à passer du dire au faire… L’essentiel n’est pas de dire ni d’être ceci ou cela, mais de faire
Par la vertu de la parabole, la religion est cet imaginaire qui désigne et tire après soi une nouvelle compréhension et une autre manière d’être.
                                                                         
 
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Jacques Chopineau

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