Cartographies

D’après une carte de la péninsule ibérique – 1991
Huile sur bois – 51,5 x 50 Cm

 

Ces peintures et dessins sont-ils nés de mon attrait d’écolier pour la géographie et les sciences naturelles et pour toutes les cartes qui me tombaient sous les yeux ? Je sais qu’elles me plongeaient dans une rêverie profonde car le monde qu’elles offraient était comme vu depuis un autre univers et cela grâce au dessin et à la couleur.

Ces études d’après des cartes géographiques sont comme des essais de penser l’implantation terrestre de l’homme dans les cosmos. Si les cartes nous présentent le monde sur un seul plan, elles n’abordent pas uniquement la surface de la terre, les mers et les océans, mais  le ciel, Saturne, Mars ou Vénus, et la morphologie des corps, les flux, les systèmes nerveux, la circulation sanguine comme les éléments cosmiques et corps universels.

Les premières cartes nous montrent leur longue hésitation entre cosmographie et topographie mais la carte est d’abord un concept, un moyen d’affirmer l’espace et d’appréhender visuellement l’intimité des corps. Elle est une ruse, un artifice sans lesquels le monde n’a ni forme ni limite. Cartes théologiques, mystiques, spéculatives – Carte du Tendre de Madeleine de Scudéry, schéma du Mont Carmel de Saint Jean de la  Croix – matérialisent un ordre sous-jacent par le biais de découpages, d’analogies, de détails, de rapports, d’assemblages …

L’établissement d’un territoire au sein de l’élément marin est l’un des premiers actes sur lesquels s’ouvre le travail d’élaboration des mythes de création pendant plusieurs générations dans les traditions de l’ancien Proche-Orient.

La  mer est le symbole du commencement. Le premier mouvement qui introduit le sens est l’acte de scinder la mer.

C’est en intériorisant que je forme une ligne fractale dessinant une frontière entre la terre et la mer, frontière mouvante, à reprendre, à reformer sans cesse. Découper des côtes, fractionner des îles, entailler des estuaires dans un corps à corps de la mer et de la terre, tel est le sens avec lequel je fais émerger, par le pinceau et le crayon, la configuration de la péninsule ibérique, que je dresse l’aiguille du Cap Corse dans la méditerranée ou que j’étire la longue presqu’île armoricaine.

Le dégagement d’un sol fondateur est un juste point de départ. Mais cette entreprise devient vite une expérience qui n’a pas de limite. La peinture est une naissance continuée, c’est une voie qui donne forme. Elle est une pensée orientée sans cesse vers un forage de l’origine, c’est une inspiration, une vision toujours vivantes.

 

D’après une carte de la péninsule ibérique – 1991
Huile sur bois – 51,5 x 50 Cm

 

D’après une carte de la péninsule ibérique – 1991
Huile sur bois – 51,5 x 50 Cm

 

 

D’après une carte de la péninsule ibérique – 2005
Gouache sur papier – 53 x 50 cm

 

D’après une carte de la péninsule ibérique – 2005
Gouache sur papier -126 x 102 cm

 

D’après une carte de la péninsule ibérique – 2005
Gouache sur papier -53 x 50 cm

 

Rubrique : Loyola – 1991-1995
Huile sur papier – 170 x 150 Cm

Rubrique : Castro – 1991-1995
Huile sur papier – 155 x 93 Cm

D’après une carte de lapéninsule armoricaine – 2002
Aquarelle et crayon de couleur sur papier – 22 x 35 cm

D’après une carte de la péninsule armoricaine  – 2004
Pointe sèche, monotype et crayon de couleur sur papier – 30 x 21 Cm

D’après une carte du cap corse – 2001
Crayon de couleur sur papier – 29,5 x 21 Cm

D’après une  carte de la Corse du nord – 2003
Crayon sur papier – 15 x 21 cm
 

© Guy Le Meaux