Discussions ouvertes

Tout l'Esprit d'Avant

La cité facteur de relégation ou de recomposition sociale

Lorsque j’ai quitté, en 1992, l’association de prévention spécialisée du centre ville de Bordeaux, pour travailler dans les grands ensembles à Champigny, est né dans mon esprit un impérieux besoin de comprendre la structure de l’univers social dans lequel je mettais les pieds. Avec l’enthousiasme du néophyte, la naïveté du militant qui voulait travailler en dehors des idéologies, je m’engageais dans ce nouveau terrain professionnel. J’avais la ferme intention de nourrir mon expérience, d’un point de vue pratique, mais sans jamais imaginer que j’allais trouver dans cet univers l’étonnement initial qui allait constituer l’amorce du parcours de recherche dans lequel je suis maintenant engagé.

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La trame des faubourgs de Paris

Paris est composé de quartiers, d’entités spatiales plus ou moins délimitées qui forment la mosaïque urbaine d’une ville étonnante. Paris est fait de mondes multiples, divers et interconnectés, où chaque pas peut faire franchir une « quasi- frontière » urbaine, et faire passer d’un monde à un autre. La cité est en évolution constante, en formation permanente : l’espace parisien s’est étendu « par strates successives, denses et concentriques » (1), et la ville est « le produit de sédimentations des vagues d’immigration » (2).

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Le temps vécu de l’interprète

Le travail du musicien est par excellence un travail avec le temps. Comme toute intervention de l’homme, certes, mais avec cette particularité d’allier la maîtrise de l’expérience, appréhension s’il en est du temps, de la technique et de la sensibilité.

Susciter et libérer l’émotion est au coeur de la rencontre entre l’écriture du compositeur et le public. L’impact du temps psychologique y est à l’oeuvre.

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La valeur temps

Les hommes, dans leur insatiable arpentage du monde, se sont penchés sur le temps, inventant d’un même élan l’année lumière et le millionième de seconde. Plus que jamais, notre vie est compartimentée en heures, séquencée en minutes. Les faits et les actions se succèdent sans cesse, aux dépens du sentiment de la durée. Chaque instant n’existe plus que pour justifier l’existence des suivants. Une volonté panique de circonscrire les causes nous fait entrer dans une logique de «choses à faire» pour réaliser des objectifs construits, accéder à la maîtrise de notre vie, et nous en venons même à planifier nos plages de temps libre, essentielles à notre future rentabilité d’êtres productifs… Dans le domaine de l’agriculture, par exemple, on assiste à l’épuisement des sols pour avoir voulu raccourcir le temps de repos de la terre – la jachère -, et on prétend à une meilleure rentabilité en ayant recours à l’engrais. Mais jusqu’où pouvons-nous sacrifier notre temps intérieur ?

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L’expression du temps en hébreu biblique

L’expression du temps a –dans chaque langue- deux pôles : l’action et la manière dont l’action est accomplie. Le temps et l’aspect. De fait, dans chaque langue, l’expression verbale est un mélange de ces deux pôles. Telle langue insistera davantage sur le temps de l’action, tandis que telle autre langue exprimera plus fortement la manière dont l’action est perçue.

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Le chemin des nuages blancs

En le mécanisant, l’homme ne s’est pas rendu maître du temps, mais son esclave, et plus il essaie d’en «gagner», moins il en possède.

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Pour un christianisme renouvelé

En ce siècle qui commence, le temps est venu de s’interroger sur le devenir de ce qui fut longtemps la religion ordinaire de l’occident, dans un monde devenu étranger aux dogmes et aux confessions anciennes. Non pas un monde étranger à toute recherche religieuse, mais étranger à une religion confessionnelle, dogmatique, autoritative, salvatrice, centralisée sur une histoire occidentale et ses concepts spécifiques.

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Relectures des textes fondateurs de l’Islam

Une question essentielle posée par les Européens musulmans, en quête de spiritualité, est exactement celle que se posaient les réformistes et se posent encore les penseurs du renouveau et autres intellectuels du monde : Comment vivre sa spiritualité à notre l’époque ?

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Religions traditionnelles et nouvelles quêtes de sens

Il est relativement facile de s’intéresser en passant aux nouvelles quêtes spirituelles. Il est moins évident d’y plonger et d’y demeurer longuement immergé, en estimant possible de s’enrichir à leur contact. Le « Nouvel Age » a été disqualifié parce qu’il a été trop souvent perçu dans ses aspects contestables ou ridicules. Il ne faudrait pas oublier qu’il possède deux monuments de mystique et de philosophie : Sri Aurobindo (1872-1950) et Ken Wilber, lequel vit actuellement aux Etats-Unis. Le premier est le fondateur de la voie spirituelle dite du « yoga intégral » et le second peut être dit le philosophe de l’intégralité. Ils sont superbement ignorés de la plupart des Français qui ne les connaissent même pas de nom. Or, dès 1924, Sri Aurobindo, le « maître de Pondichéry », auteur d’une œuvre monumentale, annonçait un « nouvel âge de l’humanité ». Les nouveaux courants de sens seraient-ils donc moins farfelus qu’il n’y paraît ?

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Le virtuel sera-t-il un monde sans fin ?

Dans le monde qui est le nôtre, l’espace virtuel devient peu à peu prépondérant, parfois comme support ou prolongement du réel, parfois comme un masque. Trop souvent il impose ses propres mesures ou démesures. Le jeu vidéo en est une composante forte. Un monde d’images, la confrontation et les aléas du jeu, le déroulement d’une histoire, méritent d’être explorées tout autant pour leurs caractéristiques connues, celles de l’image et du jeu, que pour les transformations qu’apportent les techniques nouvelles mises à leur service, le développement de l’histoire en interactivité.

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Le spectacle théâtral

Loin d’être une fuite de la réalité, ou la tentative de la transformer, un spectacle théâtral est le résultat d’une intense observation et la rencontre de sensibilités qui s’accordent pour déployer les émotions contenues dans l’observation.

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L’imaginaire

L’imaginaire c’est, à tout moment de vie, l’interprétation à l’œuvre. La fonction même de la vie passe par une interprétation. C’est une transformation, une transsubstantiation, qui recrée ce qui se sème en moi du monde extérieur. J’ai fait de l’interprétation ma vie d’être humain. Etre c’est peindre. Toutes les fonctions de l’être je les résume en un terme que je mets entre guillemets ou italique « peindre ». Peindre, c’est prendre toutes les fonctions fragmentaires ou spécifiques des choses, une façon concrète de prendre conscience.

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Art martial et tradition

Il n’est pas inintéressant d’entrée de jeu de définir en quelques mots l’idée d’Art Martial et de tenter de la définir en fonction de généralités ayant trait au champ pédagogique. Il est en effet fort difficile de définir avec précision ce qu’est un Art Martial attendu la multitude de pratiques qui se revendiquent de cette appellation qui n’a rien de contrôlé. Centrées autour de la défense de soi et d’autrui, du développement de la personne sur le plan physique et spirituel, sur une volonté de mieux être et de mieux se connaître, les pratiques martiales revêtent comme on le sait une grande diversité. Aussi, il convient d’aborder la question de l’identité martiale avec ouverture d’esprit et modestie.

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Tradition et catastrophes

Penser la tradition c’est saisir, comme pour une permanence, le reflet d’un passé vivant. La tradition est héritage, dit-on souvent, elle inscrit une continuité, un ordre des choses. Elle instaure nos repères identitaires, inspire la stabilité. A l’inverse, les catastrophes sont souvent vécues comme un déracinement. Elles sont des événements perturbateurs, extra-ordinaires, marquant une rupture brutale entre deux temporalités : un « avant » la catastrophe et un « après » irréversible.

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Le Deux en jeu

Répondre à la question : « Qu’évoque le Deux pour un homme de théâtre ? » c’est dire tout d’abord l’aventure du couple. Car je suis « Jeune marié », après 30 ans de fiançailles. Etre marié c’est découvrir constamment un chemin, le chemin du deux, masculin et féminin, féminin dans le masculin, masculin dans le féminin, l’empilement des deux en formation permanente. C’est très étrange et ce sont aussi des banalités mais des banalités qui se renouvellent de façon troublante. Le deux devient une origine, il permet la contradiction. Il permet de s’adosser à la contradiction, comme les mises en scènes qui par des formes diverses permettent le croisement des sensibilités.

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Le Deux en géopolitique

« L’harmonie du monde fonctionne par tensions opposées » proclame Héraclite et, depuis lui, toute la pensée occidentale paraît reposer sur des couples de contraires , bien/mal, vrai/faux, matière/esprit… La nature elle-même fonctionnerait de même façon – à l’image des charges positive et négative de l’électricité ou du masculin et du féminin…

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Ouvrir le paysage – La vallée de la Haute Bruche

« On est du pays qu’on voit ». Engager des actions paysagères concrètes c’est recréer des liens sociaux, aller à la redécouverte de qui on est et où on vit. A partir du moment où on se voit, on se parle. A ce moment là, on agit ensemble. A un moment donné, on se met à travailler pour retrouver des milieux ouverts à vocation agricole. On se voit derrière.

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Le lien migratoire

Le mode d’organisation en réseau de migrants permet de se maintenir en migration en contournant les politiques migratoires nationales. Les réseaux sont des modalités d’action collective évolutive dans le temps et dans l’espace que l’on observe nécessairement à un temps t, et tout réseau de migrants porte en lui-même son propre déclin ; telle est la dynamique du processus migratoire [ Massey, Espinoza, 1997 ; Guilmoto et Sandron 2003 ]. Il faut en conséquence les aborder dans une perspective diachronique pour saisir les permanences et les changements dans leurs configurations. L’analyse des réseaux permet de « rendre compte des comportements des individus par les réseaux dans lesquels ils s’insèrent, et de se rendre compte de la structuration des réseaux à partir de l’examen des interactions entre les individus et de leurs motivations » [Merklé, 2004 : 97].

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Peintures rupestres – Dessin de l’invisible

Dans les années 1980-82, il m’a été donné de visiter les grottes préhistoriques de Porto Badisco, non loin d’Otranto. L’intérêt que j’éprouvai à la vue de ces peintures et, surtout, du caractère particulier de leur disposition dans l’espace, fit que j’effectuai sur place une série de dessins. Par la suite, je pris connaissance du livre du professeur Paolo Graziosi* et me rendis compte que mes études réalisées sur le terrain pourraient bien n’être pas sans utilité dans l’élaboration d’une réponse aux questions posées par l’archéologue sur le sujet de la localisation topographique des oeuvres d’art.

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Le vitrail, travail de la lumière et des couleurs

Le travail du vitrail c’est véritablement donner à la lumière une dimension différente.

Résumé au plus près, le vitrail est une paroi le plus souvent colorée, traversée par la lumière (donc transparente ou translucide) qui s’intègre dans une architecture. On peut comprendre à partir de chacune de ces composantes les dimensions qui interviennent dans son élaboration.

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La parole proclamée ou la rencontre des cultures.

Faut-il avoir traversé tous les pays avec une guitare ou un harmonica comme seul interprète pour se convaincre que la musique dépasse les frontières de l’expression ? La musique touche, elle est mobile, elle suit les mouvements de l’humeur. Grâce à elle les peuples se font entendre par delà les différences. Mais lorsqu’elle s’accompagne de paroles, lorsqu’elle témoigne de la pérennité d’une culture ou exprime l’acuité d’un moment, elle est « tout un monde » et faire se rencontrer plusieurs musiques devient un pari. Puisque notre temps déplace et rapproche les hommes et les cultures, faire de la rencontre entre leurs musiques une création où chacun va au plus loin de son art dans une œuvre commune répond à ce beau pari.

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Apprendre une langue, habiter des différences

Entendre une langue, la parler et la faire sienne en terrain étranger, est-ce rejoindre un nouveau monde, une nouvelle dimension, un nouveau pouvoir ?

Nous essayons par quelques entretiens avec de jeunes adultes inscrits dans cette dynamique d’apprentissage d’explorer ce qui les conduit à aborder l’étude de la langue française. Ainsi, la langue nous apparaît, non pas dans sa structure ou sa nature, mais en tant que choisie pour l’espace qu’elle recèle, pour son potentiel d’attraction, pour la possibilité de partage qu’elle rend possible.

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Des langues, frontières ou connaissance profonde

L’enfant fait la correspondance avec les hommes partis en France: « Lire les lettres et y répondre, je le fais dès l’âge de 7 ans. Je suis le septième de la fratrie, mais c’est moi le scribe. Les lettres sont écrites en caractères hébreux, mais en langue arabe. Je me faufile entre les deux langues. Dans la rue aussi, selon l’interlocuteur, on choisit la langue où l’in veut faire son jeu. La façon de dire n’est pas fixée, on la décide d’après l’effet que l’on souhaite. J’aime bien courber les mots, les faire passer d’une langue à une autre, où ils disent autre chose, j’aime les enrouler, appuyer dessus, les faire exprimer comme un bouton… »

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De la frontière aux discontinuités. Regards de géographes

La frontière est une limite séparant deux Etats, deux divisions administratives, deux régions caractérisées par des phénomènes physiques ou humains différents (Larousse, lexis, 1999). La recherche d’une définition pertinente n’est pas nouvelle, Jacques Ancel en 1938 avait déjà donné quelques bases rappelées par Paul Guichonnet et Claude Raffestin en 1974. Ils insistent sur le lien entre la mise en place progressive des Etats modernes et la notion de frontière qui prend forme à partir des XIIIe-XIVe siècles (Guichonnet, Raffestin, 1974, p. 12). Dès l’instant où l’on admet la compétence territoriale, la frontière linéaire continue et stable s’impose.

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Les limites comme territoires de projets

Selon la définition de Michel Corajoud : « Le paysage, c’est là où le ciel et la terre se touchent », la limite est l’essence même du paysage, le plus lointain, la ligne d’horizon, là où bute le regard. C’est ce qui l’arrête. Et entre celui qui ouvre son regard et la ligne qui l’arrête, il y a place pour l’œuvre humaine, où comme dans l’espace, des éléments parfois s’unissent, parfois s’opposent. Qu’est-ce que cette zone de contact, qu’est-ce qui s’y passe ? La notion d’horizon est une rencontre et une ligne de réflexion. « Fabricants de paysages » au sein d’une agence de paysage et d’urbanisme, notre travail s’accroche à cette question : « qu’est ce qui se passe dans cette rencontre ? ».

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Les limites comme territoires de projets

Selon la définition de Michel Corajoud : « Le paysage, c’est là où le ciel et la terre se touchent », la limite est l’essence même du paysage, le plus lointain, la ligne d’horizon, là où bute le regard. C’est ce qui l’arrête. Et entre celui qui ouvre son regard et la ligne qui l’arrête, il y a place pour l’œuvre humaine, où comme dans l’espace, des éléments parfois s’unissent, parfois s’opposent. Qu’est-ce que cette zone de contact, qu’est-ce qui s’y passe ? La notion d’horizon est une rencontre et une ligne de réflexion. « Fabricants de paysages » au sein d’une agence de paysage et d’urbanisme, notre travail s’accroche à cette question : « qu’est ce qui se passe dans cette rencontre ? ».

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Obéir et se faire obéir

En 1982, Jacques Le Goff proposait dans un colloque sur « l’objet et les méthodes de l’histoire de la culture » d’insérer l’histoire culturelle au sein d’une anthropologie historique qui « s’intéresse à l’homme tout entier à l’intérieur de sociétés historiques globales. Elle étudie […] aussi bien l’histoire matérielle que l’histoire morale des sociétés, l’histoire du biologique que l’histoire de l’imaginaire. C’est une histoire totale. Dans le domaine de la culture cherchant à saisir l’homme en société tout entier, elle étendrait son attention de l’écrit à l’oral et au geste – intégrant ainsi une histoire des corps des hommes en société. »

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L’exercice de l’autorité. Adhésion et partage

Un enfant en fait l’expérience tout d’abord par l’enseignement. L’apprentissage des mathématiques par exemple. A l’abbaye de la Pierre qui vire, le père Odon qui enseignait cette matière était tout à fait extraordinaire et permettait que l’on découvre les formules et les théorèmes les plus ardus sans que ce soit une contrainte. L’autorité dans ce cas vient avant tout de la capacité à expliquer. Mais la réelle découverte de l’autorité a été à l’occasion de l’élection du père abbé dans cette même abbaye. Dans un monastère, l’autorité est celle d’une monarchie absolue élective.

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Les limites au cœur de la conception sociale

La première question à se poser à propos de limites est celle de la propriété. Dans des communautés indigènes en Amazonie, la notion de propriété privée n’existe pas. Le terrain appartient à la communauté. En Afrique, sur un terrain donné, le chef a autorité sur quiconque. C’est en quelque sorte la délimitation du territoire qui confère le pouvoir. Suivant les régions, l’histoire amène différentes manières de faire. Même si certains modes politiques peuvent se rapprocher de façons de voir européennes, le terrain n’est jamais la propriété d’une personne privée. Il appartient à la communauté du village.

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En relisant Max Weber

Il est difficile de (re-)mettre en débat la question de l’autorité sans évoquer le modèle de Weber. Max Weber a en effet consacré une part importante de sa réflexion sociologique à la question de la domination. Celle-ci a trouvé son aboutissement dans ses types idéaux de domination, aujourd’hui largement connus. C’est cet ensemble de trois types idéaux d’exercice d’une autorité – liés entre eux du point de vue conceptuel – que nous appellerons le modèle de Weber. Celui-ci appelle trois réflexions liminaires pour éviter toute ambiguïté.

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Autoritarisme et brouillage des rapports de générations

Bien que l’altération des familles due àl’absence du père soit rare dans les ménages issus d’Afrique sahélienne et du Maghreb en France, beaucoup de magistrats de la jeunesse, influencés par la pédopsychiatrie, soutiennent l’idée, trop directement calquée sur lesdéficits éducatifs dans les classes moyennes métropol­itaines, d’un manque de symbolisation de la loi – les pairs remplaçant les repères1. A droite le diagnostic de l’effondrement de l’autorité est une posture constante.

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Le silence et la prison

Si on pense que la prison signifie isolement et  silence, on se trompe. La prison n’est pas l’absence de bruit. Même au cœur de la nuit, le cliquetis des clés dans les serrures, le glissement des grilles sur leurs rails, le bip bip des portes automatiques, les pas des surveillants  dans les coursives, la valse des les œilletons* et les appels des’ talkies walkies’ ne cessent d’accompagner le détenu. Il y faut parfois ajouter les soupirs plaintifs des cauchemars, les gémissements du dormeur solitaire, (l’intimité  limitée par la finesse des cloisons), les cris d’angoisse. La révolte, la colère et le désespoir parlent aussi par les coups de poings et de pieds dans les portes. Et le bruit disparaitrait que, l’éclairage intempestif de la cellule par le surveillant (prévenant les tentatives de suicides)  empêcherait le prisonnier de se retrouver calmement  avec lui-même. Les conditions matérielles ne favorisent pas  le silence récupérateur. Pas plus que la vraie communication !

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Le silence dans l’écoute de l’autre

« J’ai soif ! ».
On peut entendre ce cri dans le brouhaha d’un repas.
On peut entendre ce cri tout en pensant à autre chose et donner de l’eau à son voisin tout en poursuivant ses propres pensées.

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Les jeux de société

Le jeu, de manière générale, propose un mode de rencontre très particulier et très riche. Dans notre société où priment l’individualisme et le repli sur soi, ce qui permet de rencontrer l’autre d’une manière spontanément positive, de partager un moment joyeux et qui offre la possibilité de découvrir et valoriser les plus belles qualités de chacun dans le calme et de façon ludique est sans aucun doute le bienvenu !!

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Liens et déliens des communautés

La vie communautaire est un des instruments d’intégration que l’immigration développe. Elle répond à des objectifs très diversifiés. Tout d’abord elle permet à ceux qui sont loin de leur pays d’origine de se sentir plus chez eux quand ils se retrouvent ensemble. Elle peut parer aux difficultés de la vie quotidienne, simplement en indiquant où trouver des produits bon marché, mais aussi en venant en appui pour les démarches administratives. Il y a bien des solutions qui apparaissent quand ils sont ensemble, par des échanges d’expériences. Mais la vie communautaire répond aussi à d’autres besoins, des besoins spirituels. Elle garde vivantes, la croyance, la pratique religieuse. Elle leur permet de transmettre leur langue, leurs us et coutumes, leur culture. Ils ont besoin d’instruments communautaires. Les églises, les mosquées, les associations des migrants, les fédérations sont des instruments vitaux pour eux.

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En communauté sur la toile

Les nouvelles technologies et la démultiplication des modes d’échange qu’elles développent, les phénomènes de reconnaissance, d’engagement, de dépendance, qui se manifestent au sein des groupes créés sur leurs bases de communications, invitent à se demander si les mondes virtuels ne sont pas en passe de devenir les vraies communautés de demain.

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La rencontre de Twitter et Léo

Il était une fois un petit garçon, Léo, qui n’avait pas d’amis. Il vivait avec ses parents dans une petite maison dans une ville nommée Réseauté, à l’écart des autres jeunes de son âge. Il était à l’affût de tout et voulait tout savoir.

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Une autre vie gâchée

Un jeune homme subissant des moqueries
Veut soudain changer de vie.

Se forger une nouvelle identité,
Sur internet, se réfugier,
Oublier la dure réalité,
Et sur son physique ne plus être jugé.

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Le plus court chemin

On dit que le rire est le chemin le plus rapide entre deux personnes, que le rire est bon pour la santé etc., seulement de nos jours nous vivons avec un écran entre nous.

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L’archer

L’oeuvre de l’artiste comble la tension entre la force en soi et l’univers qu’il entend et reçoit.

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L’image

Aujourd’hui dans notre société,
L’image est source de diversité
Communication, imagination, découverte, divertissement…
En sont les maîtres mots depuis quelques temps

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Imagine

Aujourd’hui avant de partir, je me regarde dans le miroir, voilà l’image que je vois depuis mon plus jeune âge.

Ensuite je sors de chez moi, je regarde autour de moi, quand soudain à mon grand désarroi j’aperçois une image représentant un soldat au Moyen-Age. L’image, la plus belle forme de langage et qui malgré son âge reste la plus sage ; des formes d’expression, utilisées par toute les civilisations depuis l’homme de Cro-Magnon jusqu’à François Fillon.

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Journal de l’homme tatoué

Aujourd’hui, j’ai encore eu un nouvel entretien à passer. Une fois de plus, j’ai été jugé sur mes tatouages et non sur mes capacités. Alors que pour mettre toutes les chances de mon côté, j’ai fait l’effort d’enlever tous mes piercings, cela n’a pas été suffisant. Malheureusement pour moi le recruteur a vu une partie du tatouage qui dépassait du col de ma chemise.

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Emma

Emma est une jeune fille qui a toujours adoré peindre ; pour elle, peindre était la liberté de s’exprimer sans que personne ne puisse l’en empêcher. A chaque toile qu’elle avait vue elle avait eu l’impression que le peintre avait laissé son âme s’exprimer à sa place.

Emma n’a jamais eu de problème pour communiquer avec les autres mais elle préférait tout simplement exprimer ses sentiments avec ses pinceaux.

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Lettre d’une adolescente complexée

Cher Hugo,

Aujourd’hui je vais replonger, je le sens. Marie m’a dit que tu sortais avec Chloé. Je sais qu’elle est plus jolie que moi, après tout je suis quelqu’un d’invisible pour toi, qui n’ose même pas affronter ton regard. Oui, je vais replonger. Je ne sais même pas pourquoi, cela m’affecte tant, il ne faut pas que je commence à espérer qu’un jour je puisse compter pour toi. Pour l’instant, j’ai seulement envie de disparaitre, de toute façon personne ne le remarquera.

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Lucas et sa tondeuse

Aujourd’hui, Lucas est allé à Castourama pour acheter des clous. Cependant, il vit une magnifique tondeuse à gazon et fut tenté de l’acheter. Malheureusement, le prix était élevé et il ne savait point si ses revenus suffiraient à l’acquérir. Après une longue hésitation et après l’accord de sa femme, il acheta cette magnifique tondeuse. L’esthétique de cette machine était vraiment parfaite ; et, malgré son prix astronomique, il fut heureux de montrer sa superbe acquisition à sa femme.

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Les mutations de la terre dans le cœur des hommes.

Pendant des millénaires, les peuples mayas du Guatemala et du Mexique expliquaient à leurs enfants que le Cœur des Hommes est né du Cœur de la Terre. Ce ne fut qu’ensuite qu’ont germé les organes, puis la chair des Hommes.

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Les sols qui nous nourrissent. Les soins que nous devons apporter aux sols.

L’humanité, au cours de son développement est passée par plusieurs évolutions technologiques, la première fut certainement la maîtrise du feu par les hommes du Paléolithique et la deuxième l’invention de l’agriculture au Néolithique, il y a de cela environ 10 000 ans. Depuis des millénaires, l’homme cultive la terre et gratte le sol pour y faire pousser sa nourriture quotidienne. Il serait donc logique de penser ou de croire que l’humanité maîtrise la culture des sols ; pourtant le sol reste un milieu mal connu et l’agriculture une activité pleine d’idées reçues. Cela est, en partie, dû à la naissance tardive de la science du sol (pédologie), qui ne date que de la fin du 19ème siècle, il n’y a donc pas longtemps que l’on étudie le sol scientifiquement.

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Main basse sur les terres arables : vers un monde sans paysans ?

Les émeutes de la faim, qui éclatèrent en 2008 pendant la soudure estivale[1] dans 25 pays du Sud, ont réveillé la crainte ancestrale du retour des disettes qui ont scandé l’histoire des hommes. Une succession de mauvaises récoltes avait entamé les stocks alimentaires mondiaux et provoqué l’envolée des cours mondiaux des céréales et des oléagineux, notamment, qui stagnaient depuis 40 ans. En effet, démentant la prédiction de Malthus, la généralisation de la révolution des techniques agricoles avait entraîné le doublement de la production mondiale, l’augmentation de 50 % de production par habitant et, par conséquence, la stagnation des prix mondiaux (Antil, 2011, p. 6).

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Choisir sa terre. Un monde de plus en plus mobile.

Le monde bouge. Pourtant, la mobilité des hommes est le facteur le moins mobile de l’économie et de la société. Sur 232 millions de migrants internationaux dans le monde, seuls 3, 1% de la population mondiale sont des migrants internationaux, c’est-à-dire nés dans un pays et vivant dans un autre pays. On peut même s’étonner qu’il y en ait si peu, compte tenu des grandes lignes de fracture du monde et des inégalités qui le traversent, des interdépendances et des échanges transnationaux en tous genres qui s’y sont construits. Mais il faut ajouter 740 millions de migrants internes, dont 240 millions en Chine.

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Le pacte du paysage

L’action du paysagiste, comme toutes celles de l’homme qui travaille la terre, prend en charge un lieu et sa teneur. Il y œuvre, il le transforme.

Sous l’effet du progrès et des nouvelles donnes de l’existence, la mesure de l’effort, celle où le corps est le plus empreint, est dépassée. La marque de l’outil que l’on sentait dans l’orientation des sillons, que ce soit en Castille, en Toscane, sur toute terre d’agriculture ancienne, rendait perceptible la négociation que l’homme engage avec son terrain pour vivre. Les engins modernes estompent ces tracés, ces empreintes. On pourrait craindre que la dimension purement humaine disparaisse.

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Fragilité dans le monde du travail

Suicides, burn-out, dépressions… les hommes et les femmes qui travaillent aujourd’hui sont ils devenus fragiles ?

Non, les salariés ne sont pas devenus soudainement fragiles, c’est le travail qui a été volontairement fragilisé. Il est devenu « une sorte de condamnation à perpétuité[1]» au lieu d’une source de plaisir et d’épanouissement.

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Fragilité du monde agricole

La conscience d’une responsabilité de l’homme quant au renouvellement des forces nourricières est ancienne.

Les fragilités de notre monde ne sont pas la fatalité, ni le résultat de faiblesses insurmontables. Nous en sommes responsables pour partie.

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Fragilité du monde agricole – Entre options durables et mesures délétères

L’homme a une conscience très ancienne de sa responsabilité quant il entame les forces de la nature

Les fragilités de notre monde ne sont pas une fatalité, ni le résultat de faiblesses insurmontables. Nous en sommes responsables pour partie. Très tôt, l’homme a eu conscience de la fragilité de l’environnement et de sa responsabilité dans les atteintes et les transformations. Avant même l’apparition de l’agriculture, à l’époque des chasseurs-cueilleurs la pression de l’homme sur la faune a conduit à l’extinction des grands herbivores. Le chasseur cueilleur ne fait pas un geste conscient pour modifier son environnement mais il le transforme profondément. Avec l’apparition de l’agriculture cependant l’homme modifie son environnement délibérément. L’homme façonne l’espace. Avec l’essor des civilisations agraires apparaissent les religions sacrificielles, le don du sang, principe vital, fait aux divinités pour se les rendre favorables. Ce développement témoigne de la pensée que le monde pourrait aller vers l’épuisement du fait de l’action humaine et le tribut payé aux divinités permettrait d’éviter leur courroux, d’acquérir la garantie du renouvellement de la Vie.

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Construire la mémoire historique après un génocide.

Le Guatemala est un pays traversé et engendré par des violences multiples. Des violences historiques, des violences d’État, des violences quotidiennes, des violences rendues au silence, invisibles. Ce petit pays au cœur du tropique centraméricain porte une histoire de douleurs et d’injustices faite de massacres de populations sans défense, de disparitions forcées, de violations systématiques dues aux mains de l’armée, etc., autant de faits qui s’incrustent dans le corps, l’imaginaire et la mémoire d’une population, qui bien que majoritaire, a été systématiquement violentée par l’État et par les élites : la population maya.

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Tradition et Mémoire – Peurs et promesses du passé

Faut-il voir dans la tradition une menace de fixité ou d’enlisement ? Une tradition qui serait pure répétition sans remise en cause, sans confrontations aux modifications apportées au mode social, ni aux moyens nouveaux, serait seulement un frein à la vie qui est mouvement et changement. Il serait urgent de s’en affranchir et par là même affirmer un renouveau inventif et créateur. Mais qu’en serait-il du passé d’où nous tirons expériences et peut-être même espérances ?

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