Lumière / caca

M. Chamant

Un soir que je me promenais
Sodium et iodures
Promenade reculatoire
Rues éclairées ombres mortes
Ruts obligés du petit soir et du grand matin
Sol invictus le long des nefs

Chocolat du péché, dis ton chapelet
les platanes, les ginkos, les marronniers, tout doux, tout fluo
Les cinq continents : jaune, vert, bois, rouge, bleu
les sept dons invicti : sagesse, science, intelligence, force, conseil, piété, crainte de dieu
Orange est l’éclat sur rire et basse pression
Vin rosé, bulles urbaines, pluie transparente
Couteau rouge. Homme égorgé. Il est rentré dans la lumière.

Marie Chamant

La majeure partie de l’œuvre de Marie Chamant se compose de variations sur le thème de la lumière et de ses jeux :
« Lumineuses » assimilables à des vitraux [1971-1978]
« Lieu de ressourcement » considéré comme un équipement public [1972-1988]
« Murs pignons parisiens… Place aux bijoux aimés… Kiosque de ressourcement » œuvres pour l’espace public [1975-1995]

Jeux d’ombres, de reflets et de transparences… au moyen de sources lumineuses et de matériaux divers, souvent d’avant-garde, matériaux transparents ou translucides, colorés ou non, éventuellement opaques, découpés en formes primaires comme des cercles, des carrés, des triangles ; alternant avec des découpages figuratifs (représentant au sens propre des visages) dont l’ensemble (14 sculptures) est titré « Procession, miroirs d’aveugles » titre ambigu évoquant la notion de lumière pour ceux qui en sont privés au propre (les non-voyants) ou au figuré (les non-conscients)… de même le titre de cette contribution « Lumière caca » est-il à expliquer par l’antinomie entre l’obscur, le refoulé, le non-dit et le donné à voir, l’explicite.

Des livres d’artiste et l’écriture [1986 à aujourd’hui] (dont « Le palais des Glaces » et « Téter en Crête » offrent des variations sur le labyrinthe) concernent une exploration des notions de création, de culture et d’héritage culturel, donnant sa part essentielle au spirituel œcuménique. 



“L’art est une blessure qui devient lumière. ” G. Braque